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J+33 - Premier Cap franchi pour Alessandro

Alessandro a franchi le Cap de Bonne-Espérance hier à 17h28 UTC. 13e au classement général, il affiche une vitesse moyenne de 11,8 nœuds sur les dernières 24 heures. Après être descendu vers le sud hier pour échapper à une zone où le vent n’était pas au rendez-vous, il va laisser à tribord le groupement d’icebergs situé au nord de l’archipel de "Prince Edward Islands" pour remonter vers la porte de Crozet, sa prochaine étape.

Problème de pilote automatique vite résolu
Au passage de la porte des Aiguilles, mardi soir, Alessandro a dû résoudre un problème de pilote automatique l’obligeant à utiliser celui de secours le temps de trouver une solution, « j’avais eu le même problème en mini 6.50, c’était un problème de liaison à cause de fils électriques qui s’étaient oxydés. J’ai éliminé une boite de connexion qui faisait les liaisons entre tous les fils, j’ai connecté les fils à la main puis j’ai isolé et ça a marché ! ».

60’ ardent, plus de peur que de mal avec le safran
« Après le pilote automatique, le franco-italien a dû régler un autre petit pépin : « Hier, pendant le passage de la longitude de Bonne-Espérance, j’ai eu un problème au safran. J’étais tribord amure. A l’improviste, la lame de safran bâbord s’est levée car le bout qui le tient dans l’eau a cassé. Il n’y a pas eu de choc, le fusible a dû casser par "fatigue". J’ai entendu un bruit puis le bateau est parti au lof et je me suis lancé à l’extérieur. J’ai pu choquer à temps l’écoute de gennaker et de grand-voile et en même temps couper l’autopilote et abattre à fond pour faire pencher le bateau de l’autre côté. J’ai roulé le gennaker et j’ai pu lever la lame du safran et remettre en place le circuit avec un nouveau fusible. Une fois terminé, j’ai repris ma route. Le bateau va bien maintenant ».

Comme en mini
Lors de son tour du globe en mini 6.50, Alessandro avait doublé ce 1er Cap, le 31 décembre 2009 après avoir quitté port Olona, le 26 octobre. Hier, même tradition qu’en 6.50 pour fêter ce passage : « Après mon problème de safran, j’ai pu reprendre mon cap et même si j’étais en sueur par la manœuvre, j’ai ouvert avec plaisir une bouteille de champagne. Hier, les températures étaient très agréables et j’ai pu barrer à nouveau en maillot de bain avec de jolis rayons de soleil sur les voiles. En allant plus au sud, en quelques heures, la température de l’air a baissé de 7°. Le bateau a commencé à faire des magnifiques surfs à plus de 20 nœuds et les vagues à exploser sur le pont. C’est vraiment beau de voir le bateau qui avance dans des bonnes conditions ».

Albatros, caravelle portugaise & Co
« A la longitude du Cap, j’ai aperçu beaucoup d’oiseaux et de loin j’ai eu l’impression qu’ils s’agissaient de jeunes albatros, ils étaient foncés et sans tâches blanches (plus un albatros grandit plus son plumage blanchit). Toujours à la hauteur de Bonne-Espérance, j’ai retrouvé un gros poisson volant sur le pont qui a terminé dans la casserole avec un peu d’eau de l’océan, du persil, très peu d’ail, du citron et de l’huile d’olive vierge extra. En affalant un gennaker cette nuit, j’ai failli mettre la main sur une Caravelle portugaise* ! Un "petit exemplaire" d’un peu plus d’un centimètre de longueur ». Notre géologue a même décidé de mettre cette sorte de méduse dans un petit pot étanche en plastique, sous alcool pour la conserver.

Bilan ce matin à plus de 30 jours
« Je peux dire qu’après un peu plus d’un mois de navigation, la situation à bord est très bonne. Il y a eu des petites choses (les taquets cassés, le fusible du safran, l’hydrogénérateur à la moitié de sa puissance, les lattes de solent qui sont en train de quitter la voile...), mais il s’agit d’accastillage, de petit matériel, d’usure mais rien de vraiment important et surtout rien qui touche à la structure de la coque ou du gréement. Je suis content, je suis en pleine forme pour le moment et j’arrive encore à manger du frais. Je reçois plein de messages d’encouragements et ça me fait très plaisir et chaud au cœur et je crois que ça doit m’aider à faire avancer aussi plus vite le bateau. Vraiment merci beaucoup à ceux qui suivent avec passion cette aventure autour de notre planète bleue ».

*La caravelle (ou physalie) s’apparente à une méduse. Ses filaments peuvent infliger des piqûres d’une grande gravité.