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J+60 - Les milles défilent à bord de Team Plastique

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Belle allure depuis quelques jours pour Alessandro qui a franchi ce matin à 10h22 (TU) la porte Pacifique Ouest. Sous l’influence d’un vent de nord-ouest, les milles défilent non-stop à bord de Team Plastique. En ce 60e jour de course, au dernier classement, le franco-italien était une nouvelle fois le plus rapide avec 381 milles parcourus en 24h à une vitesse moyenne de 16,2 nœuds. Dernier au classement, à 4532 milles de François Gabart, il réduit petit à petit son écart avec le reste de la flotte et effectue une belle remontée en une semaine. Prochaine étape, la dernière porte obligatoire à franchir, la Pacifique Est, avant de doubler le Cap Horn la semaine prochaine.

Check-up complet et réparations
Pas de quoi s’ennuyer à bord, Alessandro a réussi à gérer ses différents problèmes. D’abord son pilote automatique qui était défaillant depuis le nouvel an, « j’ai forcé les infos de vitesse du GPS, je pense que c’était un problème de capteur ». Et puis le moteur essentiel pour le transfert des ballasts qui était en panne depuis son anniversaire, « j’ai fait une vidange et posé un nouveau filtre à huile ». L’hydrogénérateur a lui aussi fait des siennes, de longues algues s’étaient coincées, empêchant son bon fonctionnement. Depuis les réparations, l’hydrogénérateur a retrouvé 50 % de ses capacités, produisant donc suffisamment d’énergie avec les 12 panneaux photovoltaïques et l’éolienne du bateau. Dernière tâche à accomplir et pas des moindres : recoudre le gennacker déchiré.

Info de dernière minute d’Alessandro, ce soir à 18h30, « l’axe supérieure du safran a cassé et je viens de le mettre en sécurité avec des sangles et du grey tape. J’ai un axe de rechange mais les conditions ne sont pas adéquates pour le changer pour le moment, je vais surveiller qu’il ne s’échappe pas ».

Etat physique
Alessandro n’a pas eu à toucher à la trousse à pharmacie pour le moment. Le plus difficile à gérer reste son manque de sommeil. Pour combattre la fatigue, il a sa technique, « des vitamines, surtout vitamine C et sels minéraux pour les efforts liés aux manœuvres. Souvent elles sont si intenses qu’à la fin je dois changer tous les sous-vêtements car ils sont trempés. Il faut donc bien s’hydrater avant et après ».

Ce qu’il a dit ce matin
« J’ai un peu de chance d’avoir finalement du bon vent, des bonnes conditions, sans trop de houle avec un bon angle, ça donne de belles vitesses à 17 noeuds de moyenne sur les dernières heures. Là ça va continuer encore un peu, je crois, enfin je l’espère, pendant encore au moins 24h. Aujourd’hui, j’ai réglé un problème à la grand-voile. J’étais à la table à carte et je me suis aperçu qu’il y avait un boitier de latte qui était sorti du rail du mât. J’avais des pièces de rechange, en 30 minutes le problème était réglé et j’ai pu reprendre le cap et de la vitesse. Ce qui me manque le plus à 60 jours, ce sont les proches, les amis à terre, pas forcément le confort mais la nourriture fraîche. Parfois aussi, de nager dans l’eau chaude ou bien de courir parce que même si j’arrive à le faire, c’est limité à 18 mètres ! Je suis très content de mon rythme de course, j’ai des bonnes moyennes alors que je ne suis pas un coureur professionnel de 60 pieds, c’est la première fois que je me lance dans une régate. On raconte une belle histoire que j’essaye de partager au maximum mais je me sens aussi en course et dans le classement ».