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Les principales déclarations d’Alessandro Di Benedetto

Objectif atteint pour Alessandro Di Benedetto ! Le skipper de Team Plastique a relevé le défi de ramener son monocoque de 1998 à bon port ce vendredi à 15h 36mn 30s, heure française. Sous un tonnerre d’applaudissements, une arrivée riche en émotions pour le franco-italien qui aura réalisé une meilleure performance que ses deux prédécesseurs. En terminant cette course à la onzième place et en 104j 02h 34mn 30s, Alessandro met un terme à une circumnavigation de 28 840 milles réellement parcourus à la vitesse moyenne de 11,5 nœuds. Beau succès pour ce personnage aussi atypique qu’attachant qui aura marqué cette édition 2012-2013. Toujours avec une pointe d’humour, il tient d’ailleurs à préciser « je termine onzième mais aussi premier des bateaux à quille fixe ! ».

Retrouvez les principales déclarations d’Alessandro lors de la conférence de presse

Sa volonté durant la course
La volonté n’a pas manqué durant la course et je crois que les gens le savent bien. Tout le monde m’a soutenu et je suis vraiment content. Il n’y pas que le côté sponsoring dans le Vendée Globe, ni le côté sportif. Si on arrive à donner du plaisir aux gens, c’est magnifique. Si on arrive à faire ressortir quelque chose d’unique ne serait-ce qu’à une personne, cela me rend vraiment très content et me suffit.

Son parrain
Mon parrain, VDH (Jean-Luc Van Den Heede), c’est un peu le symbole où l’un des plus grands du Vendée Globe. J’espère que je l’ai rendu très fier. Pour moi, c’est un grand honneur d’être associé à lui que ce soit sur le plan sportif ou moral.

Sa pudeur sur ses problèmes à bord
Les vrais soucis, je les ai racontés. Ma montée au mât alors qu’il y avait de la houle, c’était une erreur que je ne referais pas à ce jour. Je n’étais pas bien préparé et n’avais pas l’expérience pour savoir que je n’aurai pas dû le faire. Heureusement, il ne m’est rien arrivé. On risque notre vie mais ça fait aussi partie de la course. On ne fait pas une régate côtière, c’est un vrai tour du monde. Les petites galères font partie de la navigation. Pour moi, les choses vraiment importantes, ce sont des choses graves qui arrivent au bonhomme ou au bateau. Le reste, il n’y a pas besoin d’en parler. Et tous mes problèmes n’ont pas dépassé un certain seuil, il n’y a jamais eu de peur ni de panique. Même quand je me suis fait mal à la côte, le docteur m’a tout de suite rassuré et je me suis dit que tout était bon.

Ce qu’il aura appris
Le Vendée Globe est quelque chose d’extraordinaire. Ces quelques mois de préparation et de course valent 15 ans dans la vraie vie. Il fallait que je monte tout un projet mais j’ai rencontré des gens incroyables. J’étais le manager et le responsable de mon projet, c’était quelque chose de nouveau. C’était comme gérer une petite entreprise. On a été confronté à certains problèmes mais on a su passer par-dessus grâce à vous, à votre solidarité. Un exemple simple : quand je faisais voyager mon mât dans les Sables, je n’ai rien payé et les gens sont venus nous aider naturellement. Même les voitures ne klaxonnaient pas. Ça vous montre à quel point les gens ici sont généreux.

Sa motivation
Je n’ai jamais rencontré de psychiatre et il est peut-être temps de le faire (rires). Ce qui me motive, je pense que ça vient de mon éducation et de l’environnement dans lequel j’ai évolué enfant. Il y a aussi la passion mais je pense que ce sont les parents et l’entourage qui te mènent dans un chemin et vers la façon d’être que tu auras toute ta vie. L’entourage est très important dans la construction d’une personne. Ils permettent aux enfants de découvrir diverses passions.

L’aspect compétiteur
Je pense qu’on se forme à la course depuis tout petit. Il y a une école. Mais on peut faire des exploits et vivre de grandes aventures sans avoir suivi un parcours de régatier. Moi j’avais envie de découvrir le monde et c’est ce qui m’a poussé à faire un tour du monde en 6,50 avec des records homologués. Pour l’aspect compétition de la course, je pense que c’est faisable mais ça ne me tente pas spécialement. Je ne ferai pas de courses comme le Figaro. Je suis plus attiré par le large, par le tour du monde et les trois caps (rires). Je ne sais pas si je serai là dans quatre ans mais j’en ai envie. Je pense que c’est bien d’avoir d’autres projets également. On verra comment évolue la course, si on se dirige vers la monotypie. Moi ce que j’aime, c’est la différence entre les marins, entre les bateaux.

Ses futurs projets, voire un tour du monde à l’envers
Je n’ai pas forcément envie de faire le tour du monde à l’envers. Avoir le vent de face dans le golfe de Gascogne n’est pas ce qu’il y a de mieux (rires). La mer est vraiment difficile, elle peut te tuer à n’importe quel moment et c’est vraiment un exploit extraordinaire. Pour le moment, ce n’est pas quelque chose qui me tente mais c’est malgré tout une performance très intéressante.

Son passage de la ligne
Après avoir franchi la ligne d’arrivée, j’ai vécu un moment intense et je le garderai à vie. Vous êtes merveilleux et le Vendée Globe existe grâce à vous. Vous êtes passionnés par le sport, la nature et ce n’est pas donné à tout le monde. Pendant un tour du monde, on peut mourir à chaque instant et au final, on fait quelque chose d’extraordinaire qu’on partage avec des personnes extraordinaires. Vous êtes magnifiques et c’était un moment merveilleux que je vais garder dans ma boîte à bons souvenirs.

Sa nourriture
La cuisine, les sucreries et la nourriture en générale sont très importantes pendant un Vendée Globe. Ça nous permet de tenir dans les moments difficiles et de garder le moral.

L’engouement du public
J’ai découvert ça au fur à mesure. Ça m’a donné beaucoup d’énergie pour tenir dans cette course. Je vais essayer de trouver le temps de remercier tout le monde mais je n’ai pas eu le temps de regarder tous les messages. C’était très émouvant de lire tout ça et vous m’avez souvent ému aux larmes. Merci à vous.

La comparaison entre le 6,50 et le Vendée Globe
Chaque expérience dépend toujours de ce qu’on vit en mer. Mais du point de vue difficulté, j’en ai eu beaucoup plus en 6,50 que sur un IMOCA. A certains moments, en 6,50, je me préparais à perdre le mât, la quille... Alors que pendant la course, j’ai fais des pointes à plus de 30 nœuds et j’y ai pris plaisir. Sur le 6,50, je me demandais toujours si j’allais être en vie le lendemain. Sur un Vendée Globe il y a aussi le rapport avec les autres concurrents qui entre en jeu. Et au niveau confort, c’est totalement différent. Sur Team Plastique, je pouvais courir sur le pont et me tenir debout par endroits. Alors que sur le 6,50 je ne pouvais même pas m’allonger correctement. Donc si je dois comparer les deux, j’ai trouvé le Vendée Globe plus facile. Sur le Vendée Globe, on part pour revenir et je me suis senti beaucoup plus en sécurité cette fois.